17.04.2009
La Turquie et l'Union Européenne
La possibilité de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne suscite nombre d’oppositions et de fantasmes. Les arguments sont de trois types : la Turquie ne serait pas européenne, elle a un poids démographique tel que son entrée déséquilibrerait les processus de décision, malgré sa constitution laïque, la religion musulmane a une influence trop forte dans la société turque.
La Turquie pas européenne ? elle l’est en partie géographiquement (et bien davantage que l’île de Chypre, membre de l’UE), en partie humainement (40% des turcs auraient des origines européennes), historiquement (l’empire ottoman n’a-t-il pas été qualifié d’ « homme malade de l’Europe »).
Un poids démographique trop fort ? Certes, ce serait le pays le plus peuplé mais l’influence des pays dans l’Union n’est pas strictement proportionnel à sa population, d’autres critères (historiques, économiques, ..) rentrent en jeu.
Un pays musulman aux principes contraires à ceux de l’Europe ? Il est vrai que la religion musulmane parait moins disposer ses adeptes à accepter la séparation de l’Église et de l’État. C’est néanmoins le choix fait par la Turquie depuis près d’un siècle maintenant, auquel elle reste fidèle en dépit des pressions contraires. Si le processus d’adhésion est conduit à son terme, la Turquie devra adhérer aux droits fondamentaux européens et mettre en application ceux qui ne le seraient pas encore.
Refuser à la Turquie la possibilité d’entrer dans l’Union européenne serait une erreur géostratégique tant du point de vue de la sécurité militaire qu’énergétique que l’avenir ne manquera pas de nous faire regretter.
Plutôt que de conforter les réactions irrationnelles de peur des peuples européens, les politiques feraient mieux de mettre en avant les raisons pour lesquelles il faut se préparer à accueillir la Turquie dans l’Union. Mais il est vrai que l’Europe manque cruellement de grands visionnaires capables d’aider les européens à transcender leurs peurs.
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23.01.2009
Le ticket Barnier/Dati
L’annonce d’un ticket Michel Barnier – Rachida Dati pour diriger la liste UMP aux prochaines élections européennes dans la circonscription Île-de-France me réjouit à double titre.
L’engagement européen de Michel Barnier est ancien et solide. Avec lui, nous avons la certitude qu’il ne s’agit pas d’un lot de consolation.
La candidature de Rachida Dati peut symboliquement signifier que la construction européenne ne concerne pas seulement les électeurs d’origine européennes mais toutes les personnes vivant sur le continent européen, quelque soit leur origine.
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24.12.2008
Présidence française de l’Europe : au-delà d’un bilan très largement positif
La personnalité du président de la République pouvait nous faire craindre un froissement de nos partenaires européens. Il n’en a rien été (ou presque). Au contraire, Nicolas Sarkozy a réuni les louanges des groupes parlementaires du Parlement européen (y compris communiste et socialiste). Le président français a su faire entendre la voix de l’Union européenne lors de la crise russo-géorgienne début août et de la crise économique et financière redonnant à l’UE la puissance perdue depuis de nombreuses années. De plus dans de contexte économique difficile, il a su convaincre ses 26 partenaires de signer le paquet énergie-climat lors du dernier sommet européen.
Au-delà du cas particulier de Nicolas Sarkozy, ces six mois ont donné l’illusion d’un retour de l’Union européenne dans le mouvement de l’Histoire. Pourquoi ? La réponse est probablement cruelle pour la Commission européenne, parce qu’un état a été en mesure de donner l’impulsion pour que l’UE apparaisse être un acteur important dans le concert planétaire. La Commission est hélas incapable d’incarner un quelconque dessein européen. Cette défaillance est imputable à la fois à la médiocrité des personnes composant la commission et à l’impossibilité d’avoir une pratique fédérale. Le vent de l’Histoire ne souffle pas, pour l’instant, dans le sens du retrait des États européens devant une structure plus intégrée.
Dans cette perspective, toute initiative visant à améliorer la coopération entre les pays est bienvenue. À cet égard, la nomination de Bruno Le Maire au secrétariat aux affaires européennes peut être une bonne nouvelle si la promesse d’un rapprochement entre la France et l’Allemagne se concrétise.
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