23.02.2009
Le Journal de Renaud Camus - les livres, leur rangement
Le rangement de sa bibliothèque et de son bureau est un thème récurrent dans le Journal de Reanud Camus.
La pose de rayons supplémentaires par un artisan local lui offre la possibilité qu’il ne manque de saisir à plusieurs reprises d’écrire les sentiments que lui inspirent l’esprit de négligence et l’absence du souci du respect du client qu’il constate chez ses interlocuteurs (son Journal est également riche de constats aigres sur ses relations avec certains de ses éditeurs). À côté de ces longues déplorations, il y a quelques observations qui me ravissent :
« Toute bibliothèque, à moins de ne pas évoluer du tout, oscille en permanence entre ces deux maux, trop de livres pour l’espace disponible (le plus courant), trop d’espace pour le nombre de livres (c’est moins grave et, dans notre cas, certainement provisoire). »
« Je pense souvent à cet ami de Jean Puyaubert qui avait été chassé de chez lui par les livres – un beau soir, lassé d’avoir à dégager son lit, il était allé coucher à l’hôtel et n’en était pas revenu ».
Pour tout amoureux de livres, le rangement et le manque de place constituent un tracas (presque) quotidien. Je ne suis pas certain que la résolution prise par un ami de Georges Pérec qu’il cite dans son livre Penser/Classer de ne conserver que 361 livres dans sa bibliothèque permette de s’épargner ces tourments. Quel livre sacrifié ? Quelle méthode pour comptabiliser le nombre de livres ? Car il faut trancher entre la « division intellectuelle » et la « division intellectuelle » des ouvrages, entre les tomes et les volumes. Comment compter Les Mémoires en quatre volumes de xxx : un ? quatre ? Et quatre romans regroupés en un seul volume : un ? quatre ?
21:29 Publié dans Renaud Camus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bibliothèque, littérature
19.02.2009
Le Journal de Renaud Camus - quelques gouttes de vinaigre
Le Journal de Renaud Camus est une longue protestation mélancolique et douloureuse contre (j’éviterais le mot « la modernité ») le monde tel qu’il va, tel qu’il dérive, dirait-il probablement, principalement sous les effets de ce qu’il nomme la « dictature de la petite-bourgeoisie ».
« L’Histoire (fin de la France, dilution du peuple français, extinction de la culture française, etc.), et la Géographie (disparition de la campagne, massacre du paysage, banlocalisation générale, etc.) » sont les grandes victimes de nos temps modernes tels que les voit Renaud Camus.
Je le soupçonne parfois de se complaire dans son exaspération, d’en faire une matière littéraire. Je l’approuve lorsqu’il dénonce certaines « dérives » comportementales dans les lieux publics, l’utilisation abusive (et quasiment exclusive) du tutoiement, par exemple, mais quand son « ressassement gâteux » confine à la misanthropie ces propos me semblent moins justes parce qu’excessifs.
L’attitude de Renaud Camus semble s’approcher de la définition que Charles Dantzig donne du réactionnaire dans son Dictionnaire égoïste de la littérature française dans son article consacré à Joseph de Maistre : « Les réactionnaires sont des gens qui ont le goût du vinaigre et veulent forcer les autres à en boire ».
Pour ma part, je confesse éprouver une certaine sympathie pour ces amateurs de vinaigre même si j’en fais une consommation modeste.
22:53 Publié dans Renaud Camus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
15.02.2009
Délivrance de Livaneli
Il est des livres que l’on repose parce que l’intrigue nous ennuie, le style nous déplait ; il en est d’autre que l’on referme parce que l’on n’ose pas en poursuivre la lecture. Délivrance, roman de Livaneli, écrivain turc mais aussi auteur, compositeur de chansons et ambassadeur de bonne volonté à l’UNESCO, appartient à cette deuxième catégorie. Moins d’une centaine de pages avant la fin, j’ai refermé le livre craignant que les derniers chapitres ne gâchent l’immense plaisir atteint. Délivrance trace l’histoire de trois personnages : une jeune femme originaire de l’Est de la Turquie, violée par son oncle, promise à la mort pour laver la souillure tombée sur la famille ; un jeune soldat combattant les kurdes, cousin de la précédente, qui aura la mission de tuer la jeune fille ; un professeur d’université à Istanbul fuyant sa famille, sa profession et la mélancolie turque que d’autres écrivains ont si bien décrite. La première se croit vouée à un malheur éternel et que Dieu ne l’aime pas, le deuxième est tiraillé entre l’observation des traditions familiales et un sentiment d’humanité, le troisième parait fuir sa propre fuite. Livaneli décrit le mal être de ses trois personnages sans chercher à abuser de la sensibilité du lecteur. Le roman atteint un degré élevé de réussite lorsque les trois personnages se rejoignent et voguent sur un voilier sans destination précise. La jeune fille enlève son voile que le vent emporte au loin avec la complicité du professeur. Le roman aurait pu s’arrêter à ce moment. J’ai cru que les personnages étaient enfin « délivrés » de tout ce qui les empêchait d’être heureux. Mais le message de Livaneli est que la délivrance n’est pas si aisée. La jeune femme et les deux hommes se heurteront encore violemment à leur passé, à leur présent avant de trouver une nouvelle voie que le lecteur espère définitivement meilleure. C’est ce que nous suggère l’auteur. La dernière phrase concerne Meyrem, la jeune femme, doublement victime et du viol et du poids de la tradition : « Meyrem pensa que,désormais, Dieu l’aimait. »
09:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature
10.02.2009
Un garçon parfait de Alain Claude Sulzer
C'est la curiosité qui m'a empêché d'abandonner la lecture de ce roman, la curiosité de découvrir ce qui pouvait justifier la décision des membres du jury du prix Médicis de lui accorder le prix Médicis étranger tant l'intrigue me parut peu intéressante et le style médiocre. Il fallut que j'atteigne le chaptire 10 (sur 13) pour que, soudain, une lueur de plaisir vienne illuminer ma lecture, chapitre dans lequel l'auteur donne à un de ses trois personnages principaux une épaisseur convaincante. Un souffle agréable court dans les trois derniers chapitres qui font regretter que l'auteur n'ait pas eu la même inspiration dans les neuf premiers. Pour autant, le prix accordé ne me semble pas justifié. Un livre rangé à jamais dans ma bibliothèque.
22:23 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
07.02.2009
l'absurde application du principe de précaution (les antennes-relais)
La décision de la cour d'appel de Versailles visant à imposer le démontage d'une antenne-relais situé à proximité d'habitations en raison de "l'angoisse créée et subie" étonne et stupéfie. Mathieu Laine, dans un article paru dans Le Figaro, disséque parfaitement toutes les aberrations de cette décision sur les plans scientifique, juridique, philosophique et économique.
Nous nous trouvons dans le cas de l'application la plus stupide possible du principe de précaution que le précédent président de la République a voulu introduire dans la Constitution. Il donne aux "marchands de la peur" une légitimité juridique dont nous pouvons craindre qi'ils usent et abusent.
Je souscris à l'appel de Mathieu Laine pour que l'autorité publique tranche la question des antennes-relais et surtout agisse afin que dans l'avenir n'importe quelle phobie ne puisse se prévaloir du principe de précation.
14:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump


