19.02.2009

Le Journal de Renaud Camus - quelques gouttes de vinaigre

Le Journal de Renaud Camus est une longue protestation mélancolique et douloureuse contre (j’éviterais le mot « la modernité ») le monde tel qu’il va, tel qu’il dérive, dirait-il probablement, principalement sous les effets de ce qu’il nomme la « dictature de la petite-bourgeoisie ».

« L’Histoire (fin de la France, dilution du peuple français, extinction de la culture française, etc.), et la Géographie (disparition de la campagne, massacre du paysage, banlocalisation générale, etc.) » sont les grandes victimes de nos temps modernes tels que les voit Renaud Camus.

Je le soupçonne parfois de se complaire dans son exaspération, d’en faire une matière littéraire.  Je l’approuve lorsqu’il dénonce certaines « dérives » comportementales dans les lieux publics, l’utilisation abusive (et quasiment exclusive) du tutoiement, par exemple, mais quand son « ressassement gâteux » confine à la misanthropie ces propos me semblent moins justes parce qu’excessifs.

L’attitude de Renaud Camus semble s’approcher de la définition que Charles Dantzig donne du réactionnaire dans son Dictionnaire égoïste de la littérature française dans son article consacré à Joseph de Maistre : « Les réactionnaires sont des gens qui ont le goût du vinaigre et veulent forcer les autres à en boire ».

Pour ma part, je confesse éprouver une certaine sympathie pour ces amateurs de vinaigre même si j’en fais une consommation modeste.

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