23.01.2009
Le ticket Barnier/Dati
L’annonce d’un ticket Michel Barnier – Rachida Dati pour diriger la liste UMP aux prochaines élections européennes dans la circonscription Île-de-France me réjouit à double titre.
L’engagement européen de Michel Barnier est ancien et solide. Avec lui, nous avons la certitude qu’il ne s’agit pas d’un lot de consolation.
La candidature de Rachida Dati peut symboliquement signifier que la construction européenne ne concerne pas seulement les électeurs d’origine européennes mais toutes les personnes vivant sur le continent européen, quelque soit leur origine.
19:02 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, ump
13.01.2009
Syngué sabour de Ariq Rahimi
Le prix Goncourt remporté par ce roman n’est pas immérité. Le livre est très poétique, de cette poésie particulière aux Orientaux. Cette qualité d’écriture est mise au service de l’histoire terrible d’une jeune afghane dont le destin est marqué par les conditions très particulières – et pour nous choquantes - faites aux femmes dans les pays où sévit le fondamentalisme islamique. Je ne suis pas certain qu’un homme occidental puisse accéder à tout ce qu’a voulu exprimer l’auteur. Exprimer ou faire sentir. Car un personnage et une phrase invitent à penser que les hommes sont aussi les victimes des extrémistes, des terroristes. Le personnage est ce jeune combattant qui subit les sévices d’un homme plus âgé. Cette phrase est : « quand c’est dur pour les femmes, ça devient dur pour les hommes».
20:31 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
09.01.2009
Les Lettres (1826-1842) du duc d’Orléans
Les deux fils du fils aîné de Louis-Philippe, Ferdinand-Philippe, duc d’Orléans, ont rassemblé en 1889 une partie de la correspondance que le Prince royal a échangé avec des membres de sa famille et des dignitaires de la monarchie de Juillet. L’armée, les difficultés que le régime dut affronter face à une opinion publique parfois hostile, les attentats perpétrés constituent l’essentiel des sujets abordés dans la sélection de lettres proposés dans ce recueil. Il apparaît que les deux fils ont voulu apporter leur contribution à l’édification ou à la préservation de la mémoire de leur père. Tous les historiens sont d’accord que les chances de pérennité du régime né de la glorieuse révolution de 1830 et de la dynastie des Orléans ont été anéanti par la mort accidentelle dont le prince Ferdinand fut victime en 1842. Dans ces lettres, le successeur probable de Louis-Philippe apparaît être un homme soucieux de « mériter » son avenir par un engagement dans l’armée de son pays, souci d’ailleurs partagé par ses frères, d’obtenir le commandement de régiment par ses propres qualités et non pas par son statut. Il s’attache à ne pas manifester de préférence pout tel courant politique ce qui ne l’empêche pas de faire des jugements sévères sur la partie de la population qui participe aux diverses manifestations violentes contre le régime et sur la politique des gouvernements qui lui paraissent trahir les promesses de 1830.
18:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire
08.01.2009
Aragon - La Semaine Sainte (2)
La deuxième partie du livre narre les péripéties des armées accompagnant le roi Louis XVIII et les Princes dans leur fuite, poursuivies par les troupes ralliées à Napoléon. Tout n’est que désordre et doute. La description de Louis XVIII, du comte d’Artois, du duc de Berry est piteuse. L’obligation qui leur est faite de licencier les régiments avant le passage de la frontière belge est vécue par les troupes comme une trahison difficilement compréhensible, acceptable. Ces jeunes gens paraissent ne plus savoir à quelle étoile se vouer. Le désespoir affleure. Théodore Géricault pense « il n’y a pas de chemin pour moi dans ce siècle ».
Aragon fait plusieurs considérations sociales digressives, probablement pour satisfaire son lectorat communiste, dont l’intérêt m’a paru limité. Elles auraient contribué à rendre la deuxième partie du roman moins intéressante s’il n’y avait pas eu quelques pages sublimes sur l’accident de cheval, la blessure, la douleur du grenadier Marc-Antoine d’Aubigny, l’attitude de Dieudonné Robert qui, tout commandant d’une troupe bonapartiste qu’il était, fit le maximum pour permettre que le grenadier royaliste fut soigné.
La dernière phrase du roman est très belle : C’est drôle la route n’est plus du tout la même, avec le soleil.
Comment était la route pour ceux qui ont eu la possibilité (la chance ?) de suivre Louis XVIII en Belgique, parcourue en sens inverse après la bataille de Waterloo et la seconde abdication de Napoléon, dans « les fourgons de l’étrange » a retenu l’Histoire, peu aimable pour les protagonistes des deux Restaurations. Il faudra probablement de longues années et de travaux historiques remarquables pour que la Restauration et la monarchie de Juillet soient appréciées sans les préjugés répandus par les bonapartistes et les républicains du XIXe siècle.
Ce roman peut-il nous parler aujourd’hui, à nous qui n’avons pas été confrontés aux grands vents de l’histoire et dont les seuls combats sont la conservation d’ avantages sociaux, le maintien de la publicité à la TV ou le sort réservé aux sans-papiers ? La question de la trahison et de la fidélité ne nous a pas été posée – heureusement. C’est le mérite du temps démocratique et de paix que nous connaissons peu ou prou dont nous oublions parfois la fragilité.
19:20 Publié dans Aragon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature


